Lettre à l’enfant

Chère enfant,

Je te remercie d’être parmi nous telle que tu es. Je t’écris ceci : reste fidèle à tes étoiles, celles qui irriguent ton coeur. Elles savent précisément ce que tu as envie de connaître, d’expérimenter et de réaliser dans cette vie.

Je serai toujours là pour te soutenir.

Bien à toi

Soa

Une courtoisie de l’âme

Je suis fascinée par la culture britannique. Je suis fascinée par leurs manières, par cet esprit de courtoisie.

J’y vois une courtoisie de l’âme plus qu’une compétence sociale. J’aime l’idée de convoquer la poésie à chaque moment de vivre. Convoquer la poésie à chaque moment de vivre.

Quelle grâce !

Les bibliothèques ont une âme

J’ai un attrait pour les bibliothèques, leurs rayonnages. Ces étagères en ligne et en foi, austères et vivantes. Perfection moniale. Je les contemple attendrie. Je recherche l’expérience. A la fois esthétique, liturgique et spirituelle.

Je contemple les livres. Souverains et féconds.

Je contemple les livres, guidée par les lettres et leurs promesses. Celles de nourrir nos âmes.

Je les contemple, reconnaissante.

 

HeuredeParis Airlines #1

Mesdames et Messieurs,

Bienvenue à bord du Boeing Heure de Paris, à destination de Vivre. L’embarquement est à présent terminé et notre décollage est imminent.

Le temps de vol est estimé à une durée indéterminée.

Veuillez maintenant accueillir vos plus grands rêves et les former tout au long de votre existence.

Nous vous souhaitons un excellent moment en notre compagnie.

Paris taxi

J’ai pris le taxi un soir de capitale.

Traversé : rue Biot, place de Clichy, rue d’Amsterdam, rue Tronchet, place de la Madeleine, place de la Concorde, quai d’Orsay, boulevard Saint-Germain, boulevard Raspail, rue de Vaugirard, rue d’Assas…

Des lettres, des lettres et des voix. Fabriquer l’histoire.

Fermer la portière. Avoir grandi.

Étendre le chemin. Danser !

Annonce immobilière #1

Villa en forêt. Salon lumineux et horizons bavards. A l’étage, les pièces sont communicantes avec Madagascar, Amsterdam et Manchester.

Un agréable jardin et 5500 m² de livres complètent ce bien exceptionnel.

Référence de l’annonce si vous êtes intéressé : la vie est une posture audacieuse.

 

Il faut laisser le soin aux écrivains d’ouvrir les portes.

« Les gens pensent toujours que la poésie a disparu. Elle n’a pas disparu, elle se retrouve à travers le foisonnement de la prose. Les grands livres que nous aimons, comme Cent ans de solitude, sont des livres qui sont portés par la poésie.

Et les livres qui restent dans nos cœurs, c’est le souffle poétique.

La poésie n’a pas forcément de forme. Si vous prenez un genre littéraire et que vous le cloisonnez dans une forme, alors vous emprisonnez et embastillez les écrivains. Il faut laisser le soin aux écrivains d’ouvrir les portes. C’est pour ça que ce monde est un monde de langage. Si vous dites que la poésie doit se loger à l’intérieur des recueils alors vous interdisez à celui qui fait du théâtre de se lancer dans la poésie, au conteur de faire de la poésie.

La poésie est en quelque sorte ce parfum qui enveloppe notre respiration, donc si vous enfermez ce parfum alors il n’a plus le côté agréable que nous lui connaissons ».

 

Alain Mabanckou